Lors d’une sortie vélo de route entre femmes, quand on m’a demandé si j’étais de la vague 2020-2021 ou 2023-2025, je n’ai pas compris… La question était en fait de savoir si j’avais commencé le vélo de route avec la première « vague » durant le covid en 2020-2021, ou si je m’y étais mise plus tard, avec la deuxième « vague » 2023-2025.
La réponse…? Je suis de la « vaguelette » 1997 !! Et encore, si on peut appeler ça une vaguelette haha… à l’époque, pour toute la Suisse Romande, nous n’étions qu’une petite dizaine de femmes et de filles à faire du vélo de route, et encore moins de la compétition.
Du matériel inadapté
A l’époque et jusqu’à encore récemment, pas de vélo ni de vêtements adaptés à notre morphologie féminine. Des vélos trop grands, trop longs ou juste pas adaptés au fait d’avoir une proportion différente entre la longueur des jambes et la longueur du tronc. Je me rappelle de la une d’un magazine de vélo de l’époque, qui vantait les premiers vélos de course pour femmes… C’était des vélos de ville pour femme, rose et blanc, avec un guidon de course :-/ !
Et des maillots à la coupe droite, qui une fois un dossard accroché dans le dos, ne faisaient que de remonter sans arrêt durant toute la course. C’est désagréable, ça remonte trop haut et le dossard se pliait et devenait illisible, donc risque de disqualification. Et quand on passe la course à redescendre son maillot pour le remettre en place ben, on perd pas mal d’énergie…
Souvent, il n’y avait pas non plus de vestiaire pour nous lors des courses. Après plusieurs heures de route,, une course de une à deux heures… paf… Pas de vestiaires ni de douches. Sympa le retour dans les voitures avec les garçons, qui eux, avaient pu bénéficier de tous les vestiaires pour eux.
Heureusement que cela a bien changé, même s’il y a encore des améliorations à faire.
Pas qu’une question de confort…
Au-delà de l’égalité hommes-femmes, il s’agit déjà d’une question de confort, de matériel permettant de bénéficier de toute sa forme physique, mais aussi de sécurité.
Combien de femmes ai-je vues rouler sur des vélos sur lesquels elles arrivaient à peine à toucher les freins, car ils étaient trop loin pour leurs mains plus courtes ? Pourtant, les freins, c’est le point de sécurité numéro sur un vélo !
Encore aujourd’hui, je vois des femmes mal conseillées, qui se retrouvent à rouler sur des vélos inadaptés pour elles, ou avec des conseils bizarres.
Maintenant, je mets toutes mes années d’expérience au service des cyclistes, femmes notamment, qui ont par exemple commencé le vélo il y a peu de temps, qui ne sont pas encore à l’aise sur leur vélo et sur la route, ou qui aimeraient juste progresser techniquement.
